Les Techniciens Entrepreneurs en Agriculture  première année sont partis à Souil, dans la commune de Saint-Pierre-le-Vieux, à la rencontre du GAEC Gaboriau Ouvrard. Cette exploitation est gérée par deux frères associés, Raphaël et Sébastien Gaboriau, accompagnés de Jérémie Gaboriau, le fils, salarié de l’entreprise. Jérémie a obtenu le titre de Technicien Agricole à la MFR en 2019. Fabien est en TEA 1 et effectue son apprentissage sur l’exploitation familiale.

La ferme compte 200 vaches laitières et s’étend sur 270 hectares de cultures. Elle est équipée d’une unité de méthanisation en co-génération, fonctionnant à 100 % avec du lisier.

Confort, gain de temps et performance : est-ce possible en même temps ?

Le GAEC Gaboriau Ouvrard mise sur les trois ! L’exploitation compte 200 vaches laitières de race Prim’Holstein. Elles sont réparties en 4 lots de 50 animaux. Chaque lot est relié à un robot de traite Lely A4. La production moyenne est de 38 kg de lait par vache et par jour, avec un objectif de 40 kg. Le lait est stocké dans un tank de 30 000 litres.

Le confort animal avant tout

Le bien-être des vaches est une priorité. Les bâtiments sont équipés de matelas climatiques : de l’eau de forage circule dans les poches des matelas pour les refroidir l’été. En hiver, l’eau est réchauffée par la chaleur des animaux, ce qui permet de leur offrir une eau tiède, meilleure pour la digestion.

Le sol des bâtiments est en revêtement Magellan, un caoutchouc souple qui limite les chutes et les blessures (pattes cassées).

Une litière efficace et hygiénique

La litière utilisée est de la farine de paille. Elle permet un gain de temps au paillage, une meilleure hygiène et réduit les mammites : seulement 1 cas par mois, contre 3 auparavant avec un paillage classique.

Alimentation des veaux : rapide et maîtrisée

L’alimentation des veaux se fait avec un taxi-lait de 200 litres, rempli avec le lait déclassé des robots. Ce système permet de distribuer un lait à 40 °C, ce qui améliore la qualité de l’alimentation tout en faisant gagner du temps.

Reproduction 100 % insémination artificielle

L’élevage assure 70 renouvellements par an.

  • Les vaches sont inséminées à 50 % en semence sexée, 50 % en croisé.

  • Les génisses : 90 % sexé, 10 % croisé.
    L’exploitation travaille avec 8 taureaux : 5 de race pure, 2 Bleu Blanc Belge, 1 Angus.

L’ensemble des inséminations et des échographies est réalisé par Jérémie, salarié de l’exploitation, qui a appris sur le terrain, sans formation spécifique.

Organisation des gardes le week-end

Les gardes sont partagées en trois binômes :

  • Jérémie – Jean-Claude

  • Sébastien – Pierre

  • Fabien – Raphaël

La méthanisation au GAEC Gaboriau Ouvrard : système unique en France

L’exploitation du GAEC Gaboriau Ouvrard est équipée d’une micro-méthanisation en propriété, située directement sur la ferme. Elle fonctionne uniquement avec les déjections des vaches laitières. Aucun autre déchet n’est utilisé : c’est une méthanisation 100 % lisier.

Comment ça fonctionne ?

  1. Le lisier des stabulations s’écoule vers un pré-fosse, située au bout des deux bâtiments d’élevage.
  2. Un agitateur brasse le lisier pour le rendre bien homogène.
  3. Le lisier est ensuite envoyé dans le digesteur de la méthanisation.
  4. Pendant la digestion, le lisier produit du biogaz.
  5. Ce gaz est consommé par un moteur à gaz, qui fait tourner une génératrice pour produire de l’électricité.
  6. Une fois digéré, le lisier devient du digestat, qui est stocké puis épandu sur les cultures par l’exploitation.

Fonctionnement de l’unité de méthanisation

  • Production moyenne : 70 kW/h

  • Production maximale : 80 kW/h

  • Énergie produite : alimente environ 100 maisons en électricité, de façon continue.

Impact sur l’exploitation agricole

Gestion de la litière :

  • Plus besoin de paille classique dans les logettes.

  • Elle est remplacée par seulement 200 g de farine de paille par logette.

  • Ce choix permet d’avoir un lisier pur, idéal pour une méthanisation 100 % lisier.

Organisation du travail

  • Temps de gestion quotidien : environ 30 minutes par jour.

  • Entretien régulier :

    • Vidange du moteur : toutes les 3 semaines

    • Vidange du filtre à charbon actif : tous les 15 jours

Les cultures du GAEC Gaboriau Ouvrard : autonomie, organisation et performance

Le GAEC Gaboriau Ouvrard exploite 270 hectares de terres agricoles. L’assolement est bien équilibré entre cultures fourragères et cultures de vente.

Répartition des surfaces

  • 143 hectares de fourrages (maïs ensilage, ray-grass)

  • 127 hectares de cultures de vente, répartis ainsi :

    • 32 ha de blé tendre

    • 21 ha de blé dur

    • 21 ha de tournesol

    • 21 ha de colza

    • 32 ha de maïs grain

Irrigation

  • 103 hectares irrigables

  • Quota d’eau : 170 000 m³

Autonomie et débouchés

Le maïs ensilage et le ray-grass sont autoconsommés pour nourrir les animaux. Les autres cultures sont vendues à Cosset.

Travail des sols et récoltes

L’exploitation réalise tous les travaux agricoles elle-même, sauf pour l’ensilage, qui est confié à une entreprise spécialisée.

Stockage des céréales

L’exploitation est bien équipée pour stocker sa production :

  • Cellules de stockage : capacité de 1 120 tonnes

  • Séchoir : utilisé quand les céréales sont récoltées dans de mauvaises conditions climatiques

  • Stockage à plat : capacité de 7 000 quintaux (soit 700 tonnes)

 

Le GAEC Gaboriau Ouvrard ne cesse d’évoluer. Les objectifs fixés pour les mois à venir sont ambitieux mais réalistes :

  • Atteindre une production de 40 kg de lait par vache et par jour

  • Augmenter le cheptel à 240 vaches en lactation d’ici juin 2026

Nous remercions chaleureusement les exploitants Raphaël et Sébastien Gaboriau, ainsi que leur salarié Jérémie, pour leur accueil, leur disponibilité et leur passion. La visite de l’exploitation a été marquée par la convivialité, la transmission de savoirs et la fierté d’un travail bien fait.

Ce GAEC est la preuve qu’une ferme familiale peut fonctionner à grande échelle, avec des outils modernes et une organisation solide. Un bel exemple pour nos jeunes, avec un avenir prometteur et déjà une nouvelle génération prête à prendre le relais.

Article rédigé par les jeunes de Techniciens Entrepreneurs en Agriculture 1ère année

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